Le rançongiciel qui se fait passer pour une facture Hydro
Trois clients en deux semaines, tous avec le même courriel. Voici à quoi il ressemble et quoi faire si vous avez cliqué.
Le courriel arrive un mardi matin. Objet : « Solde impayé — interruption de service prévue ». Le logo est bon, le français est bon, et le montant est plausible : 187,42 $. C’est ce dernier détail qui fait cliquer les gens — un montant rond sonne faux, un montant précis sonne vrai.
Ce qui se passe après le clic
La pièce jointe est un document qui demande d’activer les macros pour « afficher la facture ». Une fois activées, le chiffrement commence par les dossiers personnels, puis remonte vers les disques réseau et les clés USB branchées. En vingt minutes, tout ce qui était accessible depuis ce poste porte une extension inconnue.
Les trois signes qui trahissent le courriel
- L’adresse d’envoi : le nom affiché dit « Hydro-Québec », l’adresse réelle finit par un domaine que personne n’a jamais vu.
- Le lien : passez la souris dessus sans cliquer, l’adresse apparaît en bas de l’écran.
- L’urgence : une vraie facture ne menace jamais d’interrompre le service dans les 24 heures.
Si vous avez déjà cliqué
Débranchez le câble réseau ou coupez le Wi-Fi immédiatement — pas après avoir « vérifié quelque chose ». Le chiffrement s’arrête là où le réseau s’arrête. N’éteignez pas la machine : certaines clés de déchiffrement vivent en mémoire, et un redémarrage les efface.
Payer la rançon ne fonctionne qu’une fois sur deux, et vous inscrit sur une liste de gens qui paient.
La seule protection qui marche vraiment est une sauvegarde débranchée. J’en reparle dans une autre note, mais le principe tient en une phrase : un disque toujours branché est un disque que le rançongiciel chiffre aussi.